Visa pour l’éternité – Laurence Couqiaud

Connaissez-vous Chuine Sugihara ? Il s’agit d’un consul japonais qui délivrait des visas permettant ainsi à des milliers de juifs de fuir en Asie le nazisme et le communisme. Chiune Sugirahara est en quelque sorte le« Schindler japonais ».

Ce roman est donc un roman historique me direz-vous ? Oui absolument, il l’est. Les personnages sont inspirés de personnes ayant réellement existé et le roman est fondé sur des faits réels.

Un roman historique donc mais à mes yeux cette histoire est bien plus encore. Elle est une jolie réponse à une tendance actuelle très assumée de certains populistes.
J’aime la scène qui se joue page 24 et 25. Trois générations de cette famille éparpillée de par le monde se retrouvent lors d’un déjeuner autour de la doyenne Ewa, l’héroïne de ce roman.

Noah salue l’investiture de Trump et se réjouit de sa promesse de construire un mur de séparation avec le Mexique. Gabriel le père de Noah est médusé.
« Qu’ arrive-t-il soudain dans cette famille où le dialogue a toujours été ouvert, bienveillant et mesuré, pour que germe la graine du rejet et de la peur ? »se demande la maîtresse de maison tout aussi abasourdie.
Noah très arrogant et très assuré en rajoute jusqu’à provoquer une bagarre avec Szi. Gabriel son père sépare les cousins et intime son fils de se taire.
« Qu’avons-nous manqué dans l’éducation de nos enfants, pour en arriver là ? Nous qui n’avons pas connu la guerre ni la Shoah, mais qui en sommes issus, dépositaires de la mémoire de ceux qui parlaient peu. [ ]nous avons promis que le passé viendrait toujours éclairer l’avenir, que notre vigilance serait sans faille envers notre descendance ».

Avec une plume très élégante @laurence.couquiaud nous raconte avec talent à travers Ewa, Leib et leurs amis écrivains l’errance, le désarroi, l’abominable souffrance de l’ extermination de sa famille, le déracinement mais aussi la résilience, l’espoir et l’amour plus fort que tout.

Le verbe et l’objet

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