Il déserte – Antoine de Caunes et Xavier Coste

Il déserte. Le titre est malin sans le E au mot île.

Île déserte avec un E comme l’île en plein milieu de l’océan indien où Georges de Caunes, le père de Antoine décide de partir un an seul avec son chien. Georges quitte sa famille, fuit son monde professionnel très médiatique mais emporte avec lui 300 kg de matériel pour retransmettre quotidiennement à la radio ses émotions et son expérience. La recherche de la solitude mais partagée avec ses milliers auditeurs . Un projet assez paradoxal non ?
Il invente le premier Koh-Lanta en quelques sorte. Précurseur le Georgescrusoe de Caunes !

Il déserte sans E comme pour traduire le sentiment du jeune Antoine qui vit cette expérience de son père comme un abandon.

Partir mais pourquoi se demande ce petit garçon du haut de ses 8 ans.
Partir mais pourquoi se demande encore Antoine tout au long de sa vie d adulte.
Vivre son rêve d enfant ? Fuir, qui, quoi ? Satisfaire ses envies personnelles quoi qu’il en coûte ?

Antoine va convoquer ses souvenirs d’enfant pour les confronter avec le journal intime que tenait son papa et avec les émissions de radio diffusées lors de son exil.

Le graphisme de cet album est absolument grandiose.
Ces planches si vives, on dirait presque de vrais tableaux peints au couteau.
Ces traits plus fins et ce petit pull rouge à la manière du petit Nicolas pour représenter le petit Antoine et ses ressentis apportent une subtile touche de pudeur.
Ce mélange vif et doux donne une dynamique au roman et porte superbement le texte.

On sent très bien au fil du roman que la patine du temps permet aujourd’hui une lecture plus apaisée de cet épisode traumatisant de l’enfance d’Antoine devenu aujourd’hui septuagénaire. C’est le bénéfice de l’ âge !

Un bel hommage du fils à son père servi par le grand talent de l’illustrateur.

Le verbe et l’objet.

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